Jury Euregio: les critiques littéraires entrent dans la danse

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Lettre d’information 15/2016 – 21.03.2016

 

Josef Hanimann et Pierre Deshuses ont d’emblée nommé leur champion et, pour ces professionnels, c’est Le printemps des barbares de Jona Lüscher qui l’emporte haut la main.

Véritable satire du monde de la finance, ce micro roman est une narration a posteriori. Un riche entrepreneur raconte, de sa maison de retraite, la descente aux enfers d’un groupe de jeunes traders anglais installés dans un somptueux hôtel tunisien pour fêter le mariage d’un des leurs. Ils s’amusent beaucoup – ils sont riches et donc tout leur est permis – quand on leur apprend la faillite de l’Angleterre et donc, par conséquent, la leur aussi! Ils sont sommés de quitter les lieux au plus vite.

Un livre bien construit qui brasse de nombreux thèmes- crise financière, situation des pays arabes, exploitation des pauvres par les riches…- un livre « musical » avec des moments lents et d’autres plus rapides, un roman surréaliste, engagé, ajoute Madame Schenk, acerbe et qui repose la question : qui sont les barbares?

Les critiques ont aussi beaucoup aimé Réparer les vivants de Maylis de Kerangal, un roman qui tient ses promesses de bout en bout, une écriture qui emporte le lecteur tout au long des pages, un style de l’urgence, des personnages vrais, intenses, des dialogues très justes et des moments saisissants.

Stefan Enter rencontre aussi leurs attentes de lecteurs: c’est, selon eux, un récit bien mené, peut-être un peu lent, bien écrit auquel il manque peut-être une tension. Les personnages sont bien dessinés mais peut-être un peu trop maîtrisés de sorte que, pour les critiques, leur liberté est toute relative.

Les trois autres romans, Jusqu’ici et pas au- delà, de Joachim Meyerhoff, La petite communiste qui ne souriait jamais, de Lola Lafon et La fabrique d’hormones de Saskia Goldschmitt ont moins plu. Trop fabriqués, des documentaires plus que des romans, sans réel mystère, des personnages plats, sans zones d’ombres, sans liberté, des romans souvent trop longs…de beaux défis parfois mais des défis ratés.

 
Source : Elise Dallenogare (6G immersion)
 
©photo : Euregio
 
 

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Document mis à jour le 21.03.2016