Table des critiques Euregio 2015

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DSCN1402Lettre d’information 11/2015 – 26.03.2015
 

Ce vendredi 13 mars, à l’espace- rencontre des Chiroux, à Liège, les critiques littéraires Pierre Deshusses, du Monde des livres et Joseph Hanimann du Frankfurter Allgemeine Zeitung, ont échangé avec les jurés liégeois leurs impressions relatives à la sélection 2014-2015, sélection de romans qualifiés par Sylvie Schenk, une organisatrice du prix, de « véritables divagations dans les pays et dans les têtes ».

Si le roman de Romain Puertolas, L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea a pu plaire aux jeunes lecteurs- il a par ailleurs connu un réel succès de librairie- il a surtout généré beaucoup d’ennui chez les professionnels qui y ont vu une farce assez convenue surfant sur la vague du « feelgood book » un titre, très long, de facture baroque, des blagues, par tonnes, lassantes, une cohérence inexistante…et un vrai sujet, les demandeurs d’asile, qui hélas se dilue dans un ensemble finalement un peu navrant. Dans le genre, on a beaucoup mieux avec Candide ou les Lettres persanes par exemple.

Anna Enquist et Yannick Grannec ont écrit deux beaux romans, profonds, touffus, extrêmement documentés. Ils abordent des sujets intéressants, le monde médical avec Les endormeurs et celui de la science mathématique avec La déesse des petites victoires et la vie romancée de Gödel. Pourtant ces deux romans finissent aussi par lasser parce qu’ils sont trop longs et peut-être trop construits, trop fabriqués.
Julia du Hollandais Otto de Kat est un roman tout en finesse qui a plu aux critiques comme à beaucoup de jeunes lecteurs. L’histoire, de facture classique, commence par la fin et fonctionne par plongées successives sur fond de nazisme. C’est le roman de la mélancolie, de la vie non vécue, un livre sur la mauvaise conscience aussi.

Les deux dernières œuvres sélectionnées ont, quant à elles, réjoui et les critiques et les lecteurs du jury. La cravate de Milena Michiko Flasar narre la rencontre improbable entre un hikikomori et un salaryman japonais qui, licencié, continue de faire croire à sa femme qu’il se rend tous les jours à son travail et passe ses journées dans le parc face à la fenêtre du jeune reclus. Une amitié va naître entre ces deux victimes de la société qui, en mettant à nu leurs souffrances, vont retrouver la force de vivre ou de mourir heureux. Quant au roman de Peter Stamm Sept ans, il raconte une passion amoureuse qui, comme toutes les passions, détruit ceux qui osent y goûter : deux romans complexes- celui de Peter Stamm plus encore que celui de Milena Michiko Flasar dont la fin déçoit quelque peu- bien construits, subtils, qui ne donnent aucune réponse laissant ainsi au lecteur le choix d’imaginer la suite, sa propre suite. Pour les critiques professionnels, sans aucun doute, leur vainqueur est un de ces deux-là. Le choix des jeunes lecteurs sera connu le 25 mars prochain.

Le jury ansois Euregio 2014-2015

 
 
©photo Euregio-Schüler-Literaturpreis
 


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Document mis à jour le 26.03.2015