Un témoignage bouleversant

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Monsieur Henri kichkaLettre d’information 31/2014 – 04.10.2014
 

Le vendredi 26 septembre, nous avons eu l’immense privilège de recevoir, en nos murs, Monsieur Henri Kichka, un des derniers rescapés des camps de la mort. Pendant près de deux heures, Monsieur Kichka, aujourd’hui âgé de 90 ans, nous a raconté sa vie, heureuse jusqu’à ses 14 ans, entouré d’un papa, d’une maman et de deux jeunes sœurs tant aimées; puis, avec sa famille, son départ précipité pour la France, son arrestation et le long et infernal périple qui le conduira, lui et son papa- sa maman et ses sœurs étaient déjà mortes – dans 11 camps de travail où ils connaîtront la faim, la soif, le froid, la peur, la fatigue, les coups et l’humiliation. Il racontera aussi, les larmes aux yeux, comment il échappera de justesse à la solution finale tout en découvrant, ce jour-là, son papa mort à ses côtés. Il terminera sa narration en présentant sa famille « reconstituée » qu’il chérit et qui constitue sa plus grande fierté.

Nulle vengeance dans les propos de Monsieur Kichka mais un message d’amour, de respect et de tolérance.

Anéantis, des larmes plein les yeux, nous sommes allés faire dédicacer notre exemplaire d’une adolescence perdue dans la nuit des camps , un document inédit écrit afin que jamais ces horreurs ne disparaissent des mémoires.

source : Line Duquesne, 6G

(…) Monsieur Henri Kichka racontait tellement bien les horreurs qu’il a subies que je les ressentais au plus profond de moi et cela me donnait des frissons et me mettait des larmes aux yeux. J’ai été très émue tout au long de son témoignage mais quelques passages m’ont troublée davantage encore et, par exemple, quand il expliquait comment se déroulaient les journées, cauchemardesques, dans un camp de concentration. Il a longuement parlé des conditions de vie dans ces camps, comment les prisonniers étaient habillés non de vêtements mais de quelques bouts de loques qui ne les protégeaient de rien et surtout pas du froid, ce qu’ils mangeaient, une pseudo soupe autrement dit de l’eau sale dans laquelle nageaient quelques rares morceaux de pommes de terre congelées avec un quignon de pain sec, du pain qui n’en avait que le nom. Les prisonniers étaient traités comme…comme…je ne trouve pas de mots pour nommer cela. Ils travaillaient du soir au matin par tous les temps, battus aussi, si le travail n’était pas fait correctement ou trop lentement. Ils étaient forcés de porter des sacs dont le poids dépassait largement le leur…Comment est-ce possible? Comment peut-on imaginer que des êtres humains traitent ainsi d’autres êtres humains? Comment des êtres humains pouvaient-ils entasser d’autres humains dans des fourgons à bestiaux ? Comment des hommes et des femmes étaient-ils capables d’ouvrir les portes des chambres à gaz et d’y pousser des hommes, des femmes et des enfants innocents? Je n’arrive pas à comprendre cela!

Monsieur Henri Kichka vit avec des souvenirs horribles, avec des images terrifiantes qui ne s’effaceront jamais de sa mémoire, avec ses cicatrices et sa douleur aussi: il n’était encore qu’un jeune garçon quand il a été séparé de sa maman et de ses sœurs qui, il l’apprendra, périront dans des camps. Il assistera aussi, à la fin de la guerre, après d’immenses souffrances, au décès de son papa, dans un de ces wagons à bétail qui devait les emmener vers la solution finale.

J’ai le plus grand respect pour Monsieur Kichka. Son histoire doit être entendue et son livre-témoignage Une adolescence perdue dans les camps doit être lu! Henri Kichka ne racontera pas son histoire de vive voix éternellement et ceux qui ont eu l’immense privilège de l’entendre auront le devoir de la transmettre aux générations suivantes afin que rien de ce qui s’est passé dans les camps, jamais, ne soit oublié!

 
source : Ornella Gentile, 6G
 
 


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Document mis à jour le 04.10.2014