Voyage Paul Brusson, une de nos nombreuses actions citoyennes

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Lettre d’information 28/2016 – 27.05.2016Porte d'entrée de Dachau
 

A l’initiative de Madame Véronique Jadot, professeur de langues modernes dans le supérieur, l’Athénée Royal d’Ans a organisé, pour la seconde année consécutive et dans le cadre de ses nombreuses actions citoyennes, un voyage de mémoire intitulé Voyage Paul Brusson. Ce périple mémoriel a permis aux élèves du 3ème degré, toutes sections confondues, de découvrir l’histoire de Monsieur Paul Brusson, ancien résistant communiste belge arrêté par la Gestapo en 1942 et déporté au camp de Mauthausen et ensuite de Dachau.

Ce voyage fut exceptionnel sur plusieurs points.

Tout d’abord, le voyage commença par la visite du camp de Mauthausen. Cette gigantesque infrastructure complexe concentrationnaire servant de camps de concentration fut le premier contact des élèves et des professeurs avec l’horreur nazie. Mauthausen et Gusen I, camp satellite de ce dernier, étaient les seuls camps du système concentrationnaire nazi en Europe classés « camps de niveau III ». Cela signifiait qu’ils avaient pour but d’être des camps spécialisés dans l’élimination des « ennemis politiques incorrigibles du Reich ». Actuellement, le nombre total des victimes reste inconnu mais la plupart des sources parlent de 122 766 à 320 000 morts pour l’ensemble du complexe. Face à la découverte des baraquements, de la chambre à gaz, les fils barbelés avec leurs hauts miradors, les fours crématoires et autres éléments constitutifs de la barbarie nazie, les élèves ne pouvaient qu’être émus et interrogatifs vis-à-vis de ce monde presque irréel. Pourquoi ces crimes ? Dans quel but ? Est-ce justifiable ? Comment cela se passait ?

Fours crématoire de Dachau

La suite du voyage amena l’ensemble du groupe au camp de Dachau. Ce camp d’une infrastructure gigantesque dont il ne reste plus qu’un quart de sa superficie originelle cache une réalité épouvantable. Le camp de Dachau est le premier camp de concentration mis en place par le régime nazi dès 1933 et des prisonniers y sont amenés dès le lendemain. Il fut tout d’abord le lieu d’internement des opposants politiques, mais il accueillit également par la suite des Juifs de Bavière, des prisonniers de guerre soviétiques et des femmes ainsi que des homosexuels et Tsiganes. A Dachau, comme dans les autres camps, le traitement des prisonniers représente une torture morale et physique intensive. Tués au travail, anéantis par la sous-nutrition, les maladies et épidémies, les violences physiques et le désespoir, les victimes subissent la machine de destruction nazie. Le crématorium devient l’outil d’élimination première pour les ennemis du Reich, celui-ci s’agrandissant pour répondre aux besoins du Reich. Si le camp de Dachau fait état de 31 800 victimes officiellement répertoriées, les décomptes récents en ont ajouté 1000 personnes de plus. Près de 200 000 prisonniers, d’une trentaine de nationalités différentes, sont passés par Dachau. Au fil des années de son existence, le camp devenait une des infrastructures génocidaire nazie la plus déconcertante et effrayante. Comment est-ce possible ? Pourquoi les Alliés n’ont-ils rien fait ? Que pouvons-nous faire aujourd’hui pour éviter que cela ne se reproduise ?

Heureusement, pour détendre l’atmosphère et relâcher un peu les esprits, des moments de relaxation et de shopping à Linz et à Nuremberg furent proposés aux élèves.

Camp de Mauthausen

Avant de terminer, il me reste à signaler une chose essentielle ! Ce voyage inoubliable fut guidé de manière exceptionnelle par Monsieur Kaisin, ami de Monsieur Paul Brusson et porte parole le plus direct des horreurs inhumaines perpétrées par le Troisième Reich. Les informations reçues lors de ce voyage furent dès lors d’une richesse exceptionnelle et très évocatrice pour chacun d’entre nous, professeurs et élèves.

Enfin, le voyage fut un périple inoubliable dans l’esprit des élèves et des professeurs également sur le plan émotionnel. Monsieur Kaisin a veillé, avec l’aide des professeurs, que ce voyage serve de leçon d’avenir pour les élèves et que ceux-ci et leurs professeurs deviennent, à leur tour, des passeurs de mémoire pour informer et sensibiliser les générations à venir.

Pour terminer, je remercie Monsieur Kaisin pour son courage et sa détermination à vouloir protéger l’humain de la barbarie en rappelant que c’est par l’éducation et la connaissance de soi et des autres que l’on devient un être humain responsable de ses actes. Je remercie enfin les élèves pour leur comportement irréprochable durant ce voyage.

 
Source : Madame Delphine Gilson
 
Fichier audio de la publication

 


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Document mis à jour le 27.05.2016